De nouvelles initiatives pour améliorer l'accessibilité du Salon du livre du Mans aux personnes handicapées
Tugdual Ruellan - 13 octobre 2008 - Envoyer à un ami - Lien permanent
Fidèle à sa réputation, la 25e heure du livre a draîné au Mans des milliers de visiteurs les 11 et 12 octobre. Chaque année, des efforts importants sont menés pour rendre le salon accessible aux personnes en situation de handicap. De nouvelles initiatives ont été prises cette année, avec le soutien du Pôle Handicap de Familles rurales de la Sarthe et du GIP Handicaps et Compétences, dans le cadre du projet européen Les Temps pour vivre ensemble. Retour en images...
Thierry Hubert, président de l'Association du livre
"30 ans de salon ininterrompus. Il faut rendre hommage à Robert Jary, ancien maire du Mans, qui a été à l’initiative de ce salon du livre ainsi qu’à Henri Lelièvre, son adjoint, et à François Play. Sans eux, ce salon n’aurait pas eu lieu. Il est certainement l'un des plus anciens de France et aussi l'un des plus importants. Il a grimpé cette année des sommets grâce à la pléiade d’auteurs qui étaient présents. Le thématique des Peuples des hauteurs nous a permis d’aller à la découverte de peuples des montagnes, notamment celui du Boutan, du Tibet. Nous avons parlé de ces peuples et de ces passionnés de la montagne avec Catherine Destivelle.
Le salon n’est pas que thématique ; il se veut aussi généraliste. Plus de 150 auteurs y étaient présents, notamment, ceux sélectionnés pour le Goncourt comme Valentine Goby… il y a eu aussi un très beau plateau BD. Et le salon jeunesse, car la jeunesse est l’avenir du salon.
Le salon a été préparé par une équipe qui a travaillé tout au long de l’année. Je tiens à les remercier pour leur important travail. Je tiens aussi à remercie Monsieur le Maire et toutes les équipes techniques de la ville du Mans. Philippe de la Roche, rédacteur en chef du magazine Lire, est présent. Il a réalisé un beau programme qui nous assure pour la première année de son soutien.
Ce salon est ouvert aux associations. Il se veut ouvert à tous. Lors des éditions précédentes, nous nous sommes intéressés à la question de l'accessibilité du salon aux personnes handicapées. Chaque année par exemple lors de la commission de sécurité une personne en fauteuil de l'APF, est invitée pour vérifier nos plans inclinés à l'entrée des chaumières, la largeur des allées... Des initiatives nouvelles ont été mises en place cette année avec l'aide du GIP Handicaps et compétences et de Familles rurales. Elles sont venues compléter et améliorer l'existant. Ainsi, des places de parking, à proximité de l’entrée, ont été mises à disposition ; des traductions en langue des signes ont été assurées ; des boucles magnétiques étaient disposées. Nous avons demandé aux libraires de proposer dans leur choix, des livres cassette, des livres à gros caractères pour permettre aux mal-voyants d’accéder à

"Le livre est l’objet par excellence pour s’évader. C’est un besoin fondamental. Essayons de franchir une étape pour être reconnus parmi les deux ou trois salons en France ayant le plus de rayonnement. Je remercie toutes celles et tous ceux qui ont construit ces trente ans au service du livre."
Pour faciliter l’accessibilité, la Ville édite un guide pratique des lieux et services publics avec les moyens pour y accéder en fauteuil, les places de parking réservées, les aménagements spécifiques pour les personnes ayant des déficiences visuelles ou auditives. On y recense également les hôtels-restaurants, les cabines téléphoniques, les salles de spectacles etc. On y trouve aussi une liste des associations investies dans l'accompagnement des personnes handicapées. Par ailleurs, la Setram et le CCAS mettent en place des solutions pour faciliter les déplacements des personnes âgées en perte d'autonomie et des personnes handicapées. Plus de 40 places de stationnement sont réservées aux personnes handicapées dans toute l'agglomération. Des logements sont aménagés et équipés pour l'évolution des personnes handicapées ou à mobilité réduite (salle de bain avec coin douche sans rebord, barre escamotable, WC avec barre d'appui, volets roulants électriques, évier de cuisine accessible en fauteuil..) au sein du parc HLM. Enfin, chaque mois, la Ville du Mans édite une version en braille du journal municipal Le Mans Notre Ville.
Philippe Delaroche, rédacteur en chef du magazine Lire
"Je suis très touché d’être parmi vous. J’ai grandi dans cette ville. Cela fait quatre ans et quelques mois que je suis rédacteur en chef du magazine. Ce partenariat s’est noué à l’occasion du supplément de Lire et d’une animation théâtrale avec les anciens du collège Valduine, une initiative que nous avons trouvé exemplaire, utile d’en parler à l’échelon national. De tous les salons du livre, celui du Mans est l'un des plus anciens, lancé en 1978. Il fait figure de pionnier avec la Foire de Brive et l'un des plus originaux. Faut-il ajouter que nous avons tous en commun le souci d'éveiller dans la jeunesse et la joie de lire et les bonheurs d'écriture ?"
Les trophées lecture en direction des enfants scolarisés en CLIS, IME, UPI
Le concours de lecture, proposé traditionnellement aux élèves de CM2, s'est ouvert cette année pour la première fois aux élèves de CLIS, UPI, IME. Quatre
"Le premier pas vers la guérison, c'est l'acceptation de son handicap, de ce que nous sommes devenus... Si je me bats aujourd'hui, c'est pour que les handicapés n'aient plus honte et que la société leur fasse une place. »

Sabrina, 27 ans, originaire de l’Eure, est malvoyante depuis l'âge de 22 ans : "J’ai d'abord perdu la vision d'un œil puis, du jour au lendemain, ma vue a baissé brutalement. A la suite d’une maladie dont on ignore la cause. J’ai 0/10e à un œil et il ne me reste que 2/10e à l’autre. J’en veux aux médecins qui m’ont laissée, sans explication, à 14 ans, m’annonçant abruptement que j’allais progressivement perdre la vue. Au revoir Mademoiselle. Il serait bien que les médecins aient un peu de psychologie dans leur formation. Je n’attends ni compassion, ni charité… juste de la compréhension, un soutien. C’est pour cela que dès que j’ai réussi à accepter ce qui m’arrivait, j'ai souhaité écrire. J’ai accepté mon handicap et je sais comme il est difficile de l’accepter. J’ai eu envie d’aller au-devant des autres et d’écrire ce livre. J’ai beaucoup pleuré en l’écrivant. Ce livre a été ma thérapie. J’ai eu de la chance d’avoir mon mari toujours à côté de moi. Par ailleurs j’anime deux blogs : pour parler de mon handicap, de la malvoyance, de mon livre. Bon nombre de jeunes handicapés me parlent de leur peur du regard des gens. Je les incite à retrouver confiance en eux, à utiliser les caisses pour handicapés dans les magasins, les places de parking – lorsqu’elles ne sont pas occupées par des valides. La seule chose est d’accepter pour aller de l’avant. Aujourd'hui, je vis à 200 %, je fonce et j'ai envie de le faire partager..."
« Est-ce réellement possible de vivre avec un handicap sans l'accepter ? C'est peu probable, car la guérison des maux de l'âme passe par l'acceptation de soi. Le soutien d'un homme aimant et attentionné, de parents à l'écoute, est indispensable pour faire face à tant de souffrances, de doutes et d'incompréhension. Un soir vous êtes heureux et au réveil, un voile s'est posé sur l'oeil ! Sans douleur, sans migraine, sans signe avant-coureur. Cela peut arriver à n'importe qui, n'importe quand ! Aucun médecin, aucun spécialiste n'a su "poser" un nom sur cette maladie devenue handicap. Comment peut-on se reconstruire alors même qu'il est impossible de nommer "cette chose" et qu'aucun chercheur ne semble s'y intéresser. Huit ans plus tard, le deuxième oeil n'est plus qu'à deux dixièmes, aucun organisme ne vous conseille ni même ne vous guide et bien rares sont les personnes qui vous tendent la main, un homme a su pourtant le faire...le mien ! »
A DECOUVRIR SANS PLUS ATTENDRE :
http://handi-sab.blogspace.fr/
http://voiraveclecoeur.artblog.fr/
Alain Bony (GIP Handicaps et Compétences) : "Merci pour votre témoignage. Il est important que les personnes en situation de handicap fréquentent des lieux publics comme ce salon pour témoigner et présenter leur situation., toutes les difficultés qu'elles rencontrent au quotidien. Nous avons essayé, avec la Ville du Mans, Familles rurales et l'association du salon du livre de faire en sorte que ce lieu soit plus accessible aux personnes handicapées. Mais, dès que l'on retourne dans la ville, malgré tous les efforts qui sont faits, le premier feu rouge devient un problème. Il y a encore beaucoup de villes en France où il n'y a aucun signal sonore, aucun élément verbal qui puisse aider les personnes non voyantes à se déplacer en ville... Parfois les transports en commun sont aussi problématiques. La télévision n'a pas encore réellement mis en oeuvre les systèmes qui permettront aux personnes malvoyantes de bénéficier de tous les programmes. Nous avons la chance aujourd'hui d'avoir des interprètes en langue des signes. Même s'il n'y a pas forcément de personnes sourdes présentes, il est important de sensibiliser et de dire que c'est possible."
Espace enfance

Un espace était proposé aux enfants par Familles rurales de la Sarthe avec toutes sortes de jeux adaptés sur la thématique de
Boucles magnétiques
Des boucles magnétiques étaient installées dans les salles de conférence afin de permettre aux personnes malentendantes de suivre les échanges. Le cordon, placé au sol et relié au poste central de sonorisation, délimite un espace réservé. Les sons sont amplifiés et captés par les appareils auditifs.
Langue des signes
Des interprètes en langue des signes ont assuré une traduction de certaines conférences et spectacles.
Présentation du salon sur téléviseur
A l'accueil, une présentation du salon filmée avec une interprète en langue des signes.
Inscriptions en braille
pour annoncer les programmes, des traductions en braille...
Emplacements réservés sur le parking
20 places de parking étaient réservées sur le parking, à proximité de l'entrée du salon durant tout le week-end.
Livres à gros caractères
Expo : Le talent ne fait pas la différence
Le GIP Handicaps et compétences présentait l'exposition "Regard d'en France" : trente panneaux racontent comment le handicap n'a pas desservi les créations de personnages illustres.
Visite de Michel Laurent au salon du livre
Visite de Michel Laurent, vice-président du CREAI Paca Corse, conseiller auprès du président du conseil général de Vaucluse et partenaire du projet (rencontre avec Jean-Claude Rouanet, Inspecteur d'acadmie de la Sarthe, qui a succédé à ce poste à Michel Laurent).
Quelques auteurs connus ont signé leur ouvrage au salon du Mans....
Ségolène Royal
Pierre Bonte
Sylvain Augier
"On peut se sortir de tout à condition d'y croire, à condition d'ailler chercher en soi les énergies. Elles sont en nous mais il faut aller les chercher. On ne dit jamais à quel point l’envie est déterminante pour réussir. Je n’ai pas cherché à faire une carrière mais simplement, à faire ce qui me plaisait avec des gens qui me plaisaient. J’ai été au fond du trou, j’ai été désespéré, j’ai presque voulu mettre fin à mes jours… Je ne l’aurais jamais fait parce que j’ai deux enfants et que c’est un manque de savoir-vivre comme on dit ! Françoise Dolto disait que toutes les épreuves se traversent. C’est vrai. Tous les accidents de la vie sont des chances ! Il faut avoir très envie des choses. C’est une question de foi, quelque chose de très intime, pas forcément mystique. Il faut y croire comme un fou. Et quand on y croit, les choses arrivent.On peut rebondr de toutes les situations et sortir, mais il faut vraiment y croire."
Richard Bohringer
André Turcat (premier pilote du Concorde)
Jean-François Kahn

Jacques Salomé
Commentaires
merci bien les amis